Le mouvement

La jeunesse burundaise est en marche,elle n'est pas immobile mais elle avance sur une montagne de désespoir. Elle effectue une longue marche dans

les cailloux épineux de la montagne à la recherche d'un signe d'espérance. Elle traverse sans Moïse, avec Pharaon à ses trousses.
Ce trajet en fer de problèmes n'est pas nouvellement tracé sous le règne de Nkurunziza, ce dernier a y juste ajouté des couches d'apocalypses. Un projet longuement étudié qu'il fait exécuter par les concepteurs-complices d'actes de crimes abominables qui veulent opprimer une jeunesse propre, solidaire et surtout organisée, capable de les empêcher d'assouvir ses rêves de devenir l'empereur du Burundi.


Les années 1960-1970 étaient l'époque où les jeunes africains baignaient dans l'euphorie des indépendances. Tous les rêves des jeunes étaient alors permis. Le plus regrettable est que les jeunes burundais ont fait objet de manipulation et d'instrumentalisationdepuis cette époque par les leaders des partis politiques. Ils ont profité de leur ignorance, de leur activisme et de leur malléabilité  et les ont utilisés contre leurs intérêts.


En conséquence, la jeunesse burundaise a manqué d'analyse propre, objective sur la gouvernance du pays. Elle n'a pas su mettre à profit ses compétences ni définir ses propres convictions personnelles en dehors du cadre partisan souvent intoxiqué par des idéologies ethnique et régionale. Parfait!

Avril 2015 ? La jeunesse burundaise décide d'être actrice de son propre destin, le rêve est une fois de plus permis. Un choix fait la jeunesse elle-même et non permis par l'oppresseur. Le tempo dynamique d'un mécontentement lié au cycle de violences, aux atrocités sans précédents lui fait entendre le battement de son cœur. La jeunesse se lève, brave et solidaire. 

De là est né le Mouvement International de la Jeunesse Burundaise. Une nouvelle structure autonome que la jeunesse burundaise a formé pour retracer une nouvelle ligne pour l'histoire de son pays. Une ligne basée sur le respect de soi, la dignité et la volonté de rebâtir une nation digne dont cette jeunesse serait fière. Un mouvement pour et par les jeunes. Une volonté de la jeunesse de prendre en main son avenir de citoyens responsables. 

Je n'ignore pas que la plupart des jeunes ont traversé de dures épreuves. Nombre sortent à peine des cellules du SNR où ils ont subi tortures inhumaines et autres traitements dégradants. Mais c'est sans rancœur qu'ensemble, nous voulons partir sur de nouvelles bases pour construire un Burundi nouveau. Pas facile! Une jeunesse qui se regroupe malgré que sa quête pour la liberté d'expression et celle de manifestation lui a valu d'être battue par les tempêtes de la persécution, secouée par les vents de la brutalité policière. Personnellement, je crois sans ambages que l'émergence d'une jeunesse forte, organisée et solidaire est la départ même vers un changement certain.


La jeunesse burundaise du MIJB, mouvement construit sur le roc solide de la fraternité et de la dignité doit briller et être une lueur d'espoir pour le jeunes déçus, marqués au feu par la brûlante oppression sans nom dont ils ont été victimes.
 
Rêveries? Peut-être, mais l'on dit que le plus long voyage commence par un pas. Faisons ce premier pas ensemble, vers un Burundi apaisé et prospère.

 

Arsène Arakaza

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